Pensées

L’anxiété sociale.

L’anxiété sociale est un terme qui sort de ma tête. Je ne pense pas que ce soit un terme ou même un diagnostique réel. Mais après tout, je n’en sais trop rien.
Si je devais le définir, je dirais que c’est tout simplement l’angoisse de se retrouver dans un endroit extérieur, connu ou inconnu, où se trouve d’autres personnes, connues ou inconnues. C’est un sentiment que tout le monde ne ressent pas, un sentiment imputé aux malchanceux, ceux qui ont attaqué la vie par le mauvais côté, ceux qui dès leur plus jeune âge étaient plus attirés par la solitude que par la compagnie d’autrui.
Pourquoi certains commencent-ils comme ça?

Alors ça, c’est un mystère. Parfois c’est une conséquence liée aux mauvais choix parentaux. Parfois c’est une aspiration profonde. Parfois c’est un choix.

Mais en général, on ne commence à s’en rendre compte que lorsque c’est trop tard. Lorsque sortir dans la rue, entrer dans un café ou faire ses courses devient un cauchemar. Le regard de l’autre, même s’il est inexistant, devient une pression trop forte sur l’esprit, et il est impossible de se concentrer sur la tâche à faire. Alors on baisse la tête, on courbe le dos. Et il y a deux solutions possibles.

Il y a les persévérants, ceux qui iront jusqu’au bout de leur action, et ceux qui renonceront.
Je fais plutôt partie de cette deuxième catégorie.
Incapable d’entrer dans un fast food lorsque je meurs de faim. Incapable de faire ma lessive dans un lavomatique même si je sais que le lendemain je n’aurais plus de vêtements propres. Incapable d’entrer dans un bar ou un café, même si je sais que je vais devoir passer 2 heures à attendre dans le froid.

Ce sentiment d’anxiété ne s’explique pas, il est irraisonné, et ça on le sait. On a l’impression de ne pas coller au décors. L’impression qu’en entrant dans le café, tous les clients se retourneront, et que le gérant refusera de nous servir pour telle ou telle raison. Lorsque même sortir les poubelles devient une épreuve, la vie se transforme en un réel calvaire.

Et pour y ajouter du plaisir, ce sentiment d’anxiété est vite relayé par un sentiment d’échec. On se sent nul, pitoyable. Si on n’est même pas capable d’aller acheter des médicaments en pharmacie, alors comment peut on vivre tout simplement? Lorsque toute rencontre avec des inconnus devient une épreuve, comment peut-on se faire des amis, ou trouver l’amour ou que sais-je?

La honte se met à la suite, et vient nous écraser encore un peu plus, une fois qu’on est à terre. Car c’est vrai, on ne se sentait pas déjà assez seul et misérable, autant perdre encore un peu plus d’estime de soi. Cette estime si durement acquise, et qui, en général, n’est même pas réellement présente.

Quelles sont les raisons de cette anxiété sociale qui a l’air de toucher de plus en plus de personnes? Pour ma part je pense que l’arrivée de la technologie dans le quotidien n’y est pas pour rien. On ne sait plus converser avec autrui, mais derrière un écran on est très à l’aise. A l’oral, on ne sait plus quoi se dire, alors qu’à l’écrit, caché derrière des appareils toujours plus fins, on n’hésite pas à déballer nos sentiments, à débattre des sujets importants.

On est toujours plus nombreux sur notre belle planète bleue, et pourtant on ne s’est jamais senti aussi seul. Aussi peu concerné par celui qui nous entour, l’inconnu, le voisin, l’étranger, l’autre.

Mais il ne faut pas perdre espoir pour autant. Certains jours sont durs, et on se sent si terrible qu’on n’ose sortir de chez soi, et c’est ok.
Ce qu’il faut, c’est profiter des jours où on se sent un peu mieux pour sortir. Aller dans des parcs, se balader, profiter du dehors et apprendre à s’approprier les lieux. Apprendre que l’on est toujours les bienvenus là ou on va, car on a autant de valeur que n’importe qui.

On peut être effrayé par les autres, lorsqu’on les voit pleins d’assurance, et l’air déterminés. Mais en réalité, la plupart ne sont que des gens comme nous. Et cette assurance n’est en faite qu’une façade. Dans le fond, eux aussi tentent de se convaincre que tout va bien, lorsque leur esprit tente de leur faire croire le contraire.

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